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Conscience, mémoire et reproduction

 

 

Quelle est cette angoisse qui me saisit quand je pense au capitalisme ?

C’est un système qui aplanit la mémoire et laisse le monde sans perspective, d’où l’angoisse.

Quelque part, ça sonne faux, la confiance est mise à mal et nous voilà pétris d’inquiétude.

Cette inquiétude relègue dans l’ombre la mémoire du passé. Nous ne nous posons plus de questions à son sujet. Nous en sommes arrivés à une société qui n’assume pas ses actes et fait fi des pensées qui s’expriment. En arrière-plan, la consommation bat son plein, car on nous gave d’articles produits en séries, avec comme corollaire l’oubli du passé, la perte de la mémoire, l’absence d’empathie.

« Les ouvrages imprimés » sont reconnus comme symboles de cette consommation, et, à ce titre, sont investis d’une sorte de mission.

Qu’entend-on par mémoire ?

Elle est ce qui construit notre histoire en connectant entre elles de manière aléatoire des constellations d’images.Dans cette société qui vit à cent à l’heure, il devient difficile de marier le réel à une pensée des profondeurs ; et sans racines, l’homme n’est-il pas en proie à l’angoisse ? En d’autres termes, je pressens que l’on s’achemine vers des horizons « sans cœur ».

Cette fois-ci, j’ai adopté pour thème «Conscience, mémoire et reproduction ». J’ai suivi ma propre inclination selon deux approches différentes, qui, au plan artistique, offraient de nombreuses possibilités.

 

- Ma série, intitulée « Transmettre la mémoire », se compose certes de gravures, qui, par essence, sont des «moyen d’action pour graver une mémoire dans notre esprit», mais mon travail est ici traité, parallèlement, sous forme d’une succession compilation de scènes du quotidien propres à « sceller dans la mémoire les éléments qui se déroulent sous nos yeux ». Je reconstruis le temps par l’empilement d’images allégoriques, imprimées les unes sur les autres. Or, l’action de constamment conserver sur plaque la trace visuelle de la mémoire des actes précédents a fait émerger certains souvenirs enfouis dans la psychologie des profondeurs. Avec cette série de « tirages », j’ai lancé un concept qui m’a conduit à une expérience : celle de me reconnecter avec mes souvenirs. Quant à la destinée de ces travaux, j’espère pourvoir en éparpiller des exemplaires et que nous soyons ainsi reliés les uns aux autres de par le monde grâce à mes souvenirs.

 

 

「自我と記憶と複製について」

 

 

私は自分自身がどこに立たずんでいるのか?ということについて、若い頃から少なからず考えていたのですが、資本主義社会というシステムから抜けでる事は到底無理なのではないかと感じていました。

私が感じていた資本主義の不安とは何か。それは記憶を忘却するシステムではないかとも思え、そのことにより世界のパースペクティブがフラットになってしまうことによる不安、何かフェイクで心もとない不信感を感じてきたのです。この心もとなさは、過去の記憶がフェードされ、そのことになんの疑問も感じなくなり、自分の思考のありかを問わず、行動に責任を持たなくなった近年の社会にあるように思うのです。

そしてその背景に、複製された商品が消費されることでますます消費が加速化され、そのことが過去の忘却、記憶喪失、痛みの喪失に繋がるのではないかと考えるようになりました。”印刷されたもの”は消費のシンボルとして認識されることで、なんらかの使命を抱えていると思うのです。

記憶とは何か。

それは、イメージの点在するものをランダムに繋げることで自らのストーリーを作る事。この加速した社会では深層と現実を結びつける事が困難になり、根のない人間が不安をかかえるようになったのではないか。言われるところの”心のない時代”へと変遷されて行ったと感じるのです。

今回のテーマである「自我と記憶と複製について」ですが、2つの違ったアプローチによりコンセプトを設ける事で制作して来ました。

 

プロジェクトその2 ” 記憶の連作 ”

 このシリーズは、版画というものが「行為としての記憶を刻印する媒体」であるということ、そして、私たちの日常が「目の前に起きる現象を脳裏に記憶する」その行為の積み重ねで形成されているということ、それを並行的に考える事でアプローチした作品です。1pice,1piceとアレゴリーなイメージを重ねあわせる事で時を生み出しますが、常に行為としての記憶が版の上に痕として残る事は、深層心理に刻まれる記憶を思い起こさせます。この一連の作品は記憶をつなげてゆくことを体験してもらうコンセプトとして作り出してみました。そして印刷物の宿命ゆえ、この1piceが点在して散らばる事を感じてもらい、その世界のどこか、記憶の先で人間が繋がっているということを願ったものです。

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